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BLOUIN ARTINFO : Le projet WJ-S d’Anne Roquigny

Par Juliette Soulez
Le 12/02/13

BLOUIN ART INFO : Le projet WJ’S d’Anne Roquigny

Avec son projet qu’elle a créé en 2006 et qu’elle a intitulé WJ-S, Anne Roquigny promeut et programme des artistes du net. Suivant les invitations, de festival en festival, de centre d’art en centre d’art, l’art du WJ-S (webjaying) a gagné en reconnaissance sur le plan international. Les événements du WJ-S sont de différentes natures : une partie performance, une partie festive, et une partie conférence.

À terme, le projet du WJ-S est de créer un réseau de galeries d’art virtuel, autrement dit de former une communauté d’artistes internationaux curatés par Anne Roquigny qui envoient à distance des contenus dans l’espace public, sur des écrans ou des vitrines par exemple. Pour ces projections, les Web-Jockey jouent en temps réel avec des sites internet, ou jouent avec leur propre œuvre en ligne.

Militant pour la neutralité d’Internet, c’est-à-dire la liberté d’expression sur la toile, les artistes du net ont investi le réseau, petit à petit depuis ces deux dernières décennies, en détournant les usages de multiples façons, et surtout de manière créative.

Ce nouvel art virtuel de la cartographie explore ainsi Internet sous toutes ses boutures, alors qu’aujourd’hui, le constat est simple : 90% des utilisateurs d’Internet n’utilisent que 10% du réseau. Le flux se résume à youtube, facebook, etc. Tout converge vers ces sites qui petit à petit récupèrent les données des utilisateurs. La dimension de partage et d’échange est de plus en plus fragilisée.

« Les artistes du net (qui surfent avec le dispositif WJ-S ) nous font découvrir des endroits du réseau où on n’irait pas forcément. En prenant en main le dispositif, en élaborant une sélection de sites Internet et en constituant une playlist, ils invitent le public à s’immerger dans le flux, » explique Anne Roquigny pour ARTINFO. « C’est une déambulation dans la matière mouvante, dans du flux, dans du texte, dans de l’image, dans un espace virtuel en perpétuel mouvement, » confie la fondatrice de WJ-S.

Anne Roquigny a imaginé pour présenter ces œuvres dans des galeries et des musées un dispositif multi-écrans avec un logiciel qu’elle a fait développer de manière spécifique par un informaticien. Aujourd’hui, ce dispositif est modulable et ce véritable petit centre d’art virtuel tient dans une petite valise. Et les collectionneurs d’art se branchent de plus en plus sur ces œuvres. Certains artistes vendent aujourd’hui très bien leurs œuvres et les noms de domaine qui s’y rattachent.

Son projet WJ-S n’est pas né d’un coup de baguette magique. Anne Roquigny travaille depuis plus de 15 ans avec Internet. Elle l’a d’abord découvert au Webbar à Paris en 1995, où elle a commencé à programmer ce nouvel art qui émergeait alors, elle s’est rapidement chargée de la programmation de ce nouvel art qui émergeait alors : le net art. L’on se souvient du concert en streaming historique avec Atau Tanaka et une dizaine de musiciens qui jouaient entre Paris et Tokyo qu’elle y avait organisé en 1997.

Depuis, Anne Roquigny a accompagné et soutenu les démarches d’artistes qui intégraient les techniques numériques dans leur travail. Pierre Bongiovanni a demandé ensuite à Anne Roquigny de rejoindre son équipe du CICV Pierre Schaeffer. Puis, il y a eu les premiers festivals d’art numérique organisés à Belfort, en 1999 et 2000.

La curatrice a ensuite été sollicitée pour s’occuper de la coordination générale de la préfiguration de la Gaité lyrique. Pendant deux ans, elle a menée des actions et des événements pour sensibiliser les parisiens à ce qu’était l’art numérique. 15 ans avant, la Gaité lyrique avait été un parc d’attraction pour enfant qui a été très vite abandonné, avec des décors hallucinants inspirés de l’univers des dessins animés des années 1980 sur des plateaux de 1000m2.

Avec WJ-S qu’elle a lancé peu après cette préfiguration, Anne Roquigny est devenue une des spécialistes les plus pointues du net art. Le dernier numéro de mcd (musiques et cultures digitales) publié sous sa direction avec les actes des conférences qu’elle a organisées , fait le point sur ces dernières décennies en interrogeant des spécialistes du réseau et des artistes sur les évolutions d’Internet et sur la manière dont ils envisagent le futur de la création artistique sur le net.

Voir Anne Roquigny expliquer sa démarche :

Pour voir les travaux des 60 créateurs qu’Anne Roquigny a réunis dans le numéro spécial de mdc (musiques et cultures digitales, MCD#69 | NET ART – WJ-SPOTS #2 : Les artistes s’emparent du réseau, bilingue), en voici la liste :

ALEJO DUQUE // ALESSANDRO LUDOVICO // ANA CARVALHO //ANDRÈS LOZANO a.k.a. Loz // ATAU TANAKA // AYMERIC MANSOUX // BRAD TROEMEL // BRIAN MACKERN // CARL.Y & LABOITEBLANCHE(((NOMUSIC))) // CHRISTIANE PAUL // CONSTANT DULLART // DANIIL (DANJA) VASILIEV // DAPHNE DRAGONA // DAVID BLAIR // DEAN WHITBREAD // DOMENICO QUARANTA // EVAN ROTH // FRANCK ANCEL // GEERT LOVINK // GENCO GÜLAN// GÉRALDINE GOMEZ // GORDAN SAVIÇIC // GWENOLA WAGON & STÉPHANE DEGOUTIN // UBERMORGEN // HEATH BUNTING // I-WEI LI// IGOR ŠTROMAJER// JEAN-BAPTISTE BAYLE// JEAN-PAUL FOURMENTRAUX // JODI // JULIEN LEVESQUE // JULIEN OTTAVI// KAREN DERMINEUR (KRN) // MAGRÉT ELISABET ÓLAFSDÓTTIR//MAJA KALOGERA //MARIA PTQK // MARIE PETIT //MICHAËL SELLAM// MILTOS MANETAS // MINDAUGAS GAPŠEVIČIUS // NICOLAS MALEVÉ // PAULA PERISSINOTTO // PEDRO SOLER // PER PLATOU // RAPHAEL BASTIDE & YANNICK ANTOINE // REYNALD DROUHIN// RICARDO MBARKHO // SAKROWSKI // SHU LEA CHEANG//STANZA //STÉPHAN BARRON // THOMAS CHENESEAU // THOMSON & CRAIGHEAD // YVES BERNARD